17/05/2013

319

Les temps changent mais rien ne change le temps.

 

318

J'ai perdu les jours, les nombres et les heures.

C'était l'hiver en été - l'éternité en une saison.

Les miroirs avaient pris le pouvoir.

Dépossédés de leurs vérités

Les sujets se regardaient vivre

Ou mourir à la vitesse de leurs Windows 8,

Et le miroir ne reflétait plus les visages,

Seulement l'absence de la présence primordiale :

L'inconnaissable moteur de lui même.

Dans le grand Schizodrome

où chaque geste mimait un suicide manqué

même l'Infini semblait à court d'idées.

 

04/05/2013

317

Dans un autre couloir, sur un autre chemin,

dit moi le réel de nos vies perdues,

comment sauver l'histoire d'elle même,

juste avant le désespoir

and the permanent fall.

 

21/04/2013

316

"Chaque chose est dans le monde précisément parce que le monde n'est dans aucune chose."

  Tristan Garcia

 

315

Four Strokes Balance 008.jpg

Germain Caminade

Four Strokes Balance 008

 

314

la seule chose dont je ne doute pas

est que je doute de tout

même de moi

 

313

l'or de la curiosité est un bien plus précieux que l'or

l'art de l'aventure plus que le reste

pas de liberté sans agir 

 

02/03/2013

312

dans la bouche absolue du ciel

aux confins centrés de l'Oeil

où d'autres flammes s'immanentisent 

le voile opaque de l'impensable

parie sur le chaos et les fleurs

 

01/03/2013

311

à l'horizon des évènements

tout s'effondre même le temps

devant la porte du clivage

une infinité de coups de dés

sauront-ils le feu passé

retrouver le secret du n(o)uage

sacré de ton visage ?

 

310

" Il n'y a dans tout cela que des mystères ou des erreurs ; où les uns finissent, les autres commencent. "

  René Daumal

 

309

suspension 724.jpg

Germain Caminade

suspension 724

 

07/02/2013

308

je parle de là où je suis

c'est à mieux dire :

face à la vie

sur la ville et sous le ciel

 

307

tristesse de base

près du cimetière

au port sans mer

sous les oiseaux

aux becs de lame

après la chute

des cimes grisantes

où l'hypomanie chaude

dévoile le Christ

à chaque ondes

à chaque cercles

que le doigt de l'aveugle

a rendu visible

guidé par la folle

vers trois gouttes perdues

au bord du granit bleu

mes larmes sa présence et la foi

 

29/01/2013

306

je soulève la nuit

de mes yeux fixes

ta figure ovale dit

la vie retrouvée

puisses-tu être heureuse

dans les bras d'un archange

le mouvement régulier

de mon pas assuré

pénètre la lumière

sans hâte et apaisé

j'accepte le Temps

qui se meut en moi

ton image de madone

tes cheveux courts

tes cheveux longs

affleurent encore souvent

sur la peau grise de mon esprit

 

amour

 

j'ai vaincu la mort

quelque chose et l'encore

 

307

n'habitant plus que le Présent

je vais dans l'or des jours communs

et dans l'exstase du quotidien

portant l'avant portant l'après

l'âme et le corps cellés aux vents

 

28/01/2013

305

"À la langue parlée appartiennent comme possibilités l'écoute et le silence."

  Martin Heidegger

 

304

coco 6.jpg

corinne jullien

 

303

les coeurs distendus

de nos poitrines ouvertes

maintiennent un discours

que les têtes fuient

vibrations nucléaires de

nos lumières respectives

filaments doux en pleurs

de notre amour supplicié

 

dans le même présent

dans le même réel

est le cercle séparé

reste l'atome au centre

la trouée dans le voile

par le compas de Dieu

architrace en creux

qui rayonne le vide

 

302

le jour où

l'abscisse et l'ordonnée

se remêleront

dans le temps

puisse le dialogue

sauver les âmes condamnées

 

301

cette façon de fuite empêche toute accalmie

 

300

écho de ton visage

traces mortuaires

langue absente

qu'est la passion devenue ?

un fichier numérique

ouvert par hasard

d'Images de néant

ton regard colérique

et toi belle et dormant

 

25/01/2013

299

savoir ne pas savoir

et ne pas savoir savoir

résume l'homme

son moteur son entrave

 

31/12/2012

298

les yeux parlent

l'oreille touche

la peau sent

la bouche entend

le nez voit

synesthésie générale

 

297

" La beauté c'est l'harmonie du hasard et du bien. "

  Simone Weil

 

296

biosphère 2.JPG

biosphère

pierre fichefeux

 

25/12/2012

295

j'ai vu l'énergie du vide dessinée

par ton souffle - théologie noire

et l'oubli qui se fige

éternisant la mémoire la mélancolie

et le vain espoir d'un ultime partage

dans les bras du pardon

 

j'ai vu la rivière me parler

quand je me suis noyé et qu'elle m'a recouvert

abolissant tout les sens et reniant la raison

jusqu'à l'échouement sur les pierres

rondes et douces

d'une sagesse nouvelle

 

j'ai vu le visage arrondi d'une madone perdue

dans un rêve trop réel

Il n'y a pas de mélancolie sans mémoire

et pas de mémoire sans mélancolie

me disait Proust hier soir

 

18/12/2012

294

l'être est l'avoir du temps

le temps : une fashion victime

le temps consomme pour exister

le mouvement de la vie vers la mort

et de la mort vers la vie

est une figure de l'inépuisable énergie

alimentant sa survie

nous sommes comme de l'essence pour le temps

un des états nécessaires à son anti-Dasein fuyant

 

02/11/2012

293

chère C

je baille aux corneilles dans le sixième arrondissement

les gens sont beaux - je n'écris pas une ligne

rechigne à la musique sévèrement - je collectionne

les livres de Freud et d'occasions - je lis dans mes rêves

et j'écoute la radio parlée d'une oreille jour et nuit

il faudrait peut-être que je reprenne ma série sur la Vie Quotidienne

ou autre chose - que je me réenclenche

as-tu lu Antigone de Bauchau ? bon d'accord c'est le troisième d'une trilogie

Oedipe sur la route - le premier - rayonne sous une pile de théorie

cela t'irait comme un gant - (mais je suis sur que tu connais)

hâte de voir les dessins dans le monde de la vie

je vais bien - cela ne m'inquiète pas du tout

j'en profite comme un vieux cheval au pré

à l'abris dans son cadre terrestre et sous le ciel infini

t'embrasse

j

 

292

" Dieu agit par les seules lois de sa nature et sans subir aucune contrainte. "

  Baruch Spinoza